8 et 9 juin à 21h
Durée : 55 min.
En espagnol avec surtitres français et anglais
9 juin : rencontre avec les artistes après la représentation
Tarif régulier : 28$
25 ans et moins, 65 ans et plus : 21$
FILMS ET RENCONTRES
26 mai : film > Pepetuum Mobile
> Cinémathèque Québécoise > 18 h
C’est dans une île au mitan du lac Texcoco que fut fondée en 1325 la capitale de l’empire aztèque, Tenochtitlà n. Avant, bien avant de devenir Mexico, la ville au milieu du lac de lune. Avant, bien avant, car des 2 000 km2 de lacs qui brillaient à Mexico, il n’en reste désormais que 10 km2. Après trois siècles d’irrigation pour éliminer les risques d’inondation, la ville a soif. Asalto al agua transparente, c’est l’histoire de ce désastre écologique. Luisa Pardo et Gabino RodrÃguez, 27 ans, incarnent le nouveau souffle de la création contemporaine mexicaine et cherchent un théâtre propre à leur génération et à leur réalité. En cumulant les faits, ils entrelacent le récit de la fondation de la ville, celui de l’eau et celui de Janet Meléndez, tout juste arrivée à Mexico, qui entraîne Ixca Cienfuegos dans sa quête des lacs disparus. Le texte? Les statistiques de l’Instituto nacional de estadÃstica y geografÃa et les charnières historiques. Des faits, toujours des faits, pour un théâtre qui vise la neutralité formelle. Et d’où surgit la froide poésie d’une jeunesse désenchantée. Sans aucun effet. Aucun bluff.
Âgés d’à peine 27 ans, Luisa Pardo et Gabino RodrÃguez jouent déjà beaucoup tant à la scène qu’à l’écran. Après avoir étudié au Centro universitario de teatro de Mexico ils fondent ensemble en 2003 le collectif Lagartidas Tiradas al Sol — littéralement « Lézards épivardés au soleil ». Avec ce collectif, Pardo et RodrÃguez bousculent les conventions. Ils décortiquent et cherchent un théâtre propre à leur génération, où scène et fiction servent d’outils nouveaux pour comprendre, questionner le réel et intervenir sur lui. Un théâtre comme élément de documentation et de connaissances. Pardo et RodrÃguez dégonflent le superflu, font éclater les enflures émotives, éliminent le spectaculaire et dressent, bien ancrée, une phénoménologie théâtrale.
Ils sont désormais du peloton de tête de la relève artistique mexicaine : deux fois Prix de la meilleure pièce au Festival nacional de teatro universitaro (en 2003 et 2005) et deux fois représentants de la ville de Mexico à la Muestra nacional de teatro (en 2006 et 2007). Avec Asalto al agua transparente et Catalina, aussi présenté dans la cadre du FTA les 11 et 12 juin, ils jouent pour la première fois à l’extérieur du Mexique.
« À partir de textes qui donnent l’impression d’être tout droit sortis de rapports de l’Institut national de statistiques et de géographie, joints à d’autres racontant la conquête de Mexico et la fondation de Tenochtitlan, nos « Lagartijas » ont constitué une partition non dramatique dont le charme opère sur le spectateur […] par-dessus tout, grâce à leur transposition scénique, totalement délirante. »
Jaime Chabaud Magnus, Milenio, juin 2009
« Asalto al agua transparente […] est un extraordinaire voyage émotif qui nous plonge dans la catastrophe du bassin de Cuenca, puis dans cette véritable porcherie qu’est devenu le système d’eau de la ville de Mexico… Et le tout, avec humour. »
Jaime Chabaud Magnus, Milenio, juin 2009
« Le fait que la parole soit presqu’entièrement constituée d’informations historiques (…) confère aux interprètes liberté et ouverture, mais aussi l’entière responsabilité de créer du sens à partir de leur façon d’habiter l’espace scénique, de respirer la fiction, de rendre émotivement les différents contenus de la pièce. Le texte, apparemment froid et distant, se voit ainsi revêtu d’un discours générationnel : sous cette réflexion sur l’eau et la ville de Mexico, se cache un cri de désenchantement de la jeunesse, une plainte face à cette ville qui croît et s’étend de façon irrationnelle…»
Noe Morales Munoz, Jornada Semanal, septembre 2006
« Dans un coin perdu de la ville de Mexico, au premier étage d’une maison de la rue Ãlvaro Obregon, auquel on accède par un escalier étroit et escarpé, je suis tombé sur une des mises en scène les plus jouissives qu’il m’ait été donné de voir récemment : Asalto al agua transparente de Gabino Rodriguez et Luisa Pardo, qui se sont réunis pour faire acte de théâtre sous le nom de Lagartijas tiradas al sol (les petits lézards lancés au soleil). Ces jeunes diplômés du Centre Universitaire de Théâtre ont réussi à résumer la biographie de la ville de Mexico, depuis l’arrivée des premières peuplades jusqu’à nos jours, en un peu moins d’une heure, dans une trame qui entremêle différentes pistes de réflexion. »
Luz Emilia Aguilar Z., Excelsior, juin 2006
Un spectacle de Lagartijas tiradas al sol
Texte, mise en scène et interprétation : Luisa Pardo + Gabino RodrÃguez
Lumières : Juliana Faesler
Images : Juan Leduc
Coproduction La Máquina de teatro