4 et 5 juin Ă 19h
Durée : 2 h 20
4 et 5 juin : rencontre avec l'artiste après la représentation
Tarif régulier : 28$
25 ans et moins, 65 ans et plus : 21$
C’est plus nu qu’un tréteau nu, il n’y a rien : pas de décor, pas de costume, pas un seul effet d’éclairage (même pas la lumière qui monte au début et descend à la fin), pas de musique. Rien qu’un acteur prodigieux d’énergie, d’invention et de précision avec sa colère, son intelligence, son humour et… son ordinateur portable. Cette troisième lettre théâtrale de Tony Nardi trace un bilan de Two Letters, proposant un voyage au coeur de l’état actuel du théâtre, de la culture et de leur financement. Nardi raconte, joue les dérives et les compromissions d’un milieu artistique qui a fait son nid dans une société trop lâche pour faire taire ses artistes et trop molle pour les soutenir. Il montre l’inutilité du théâtre au théâtre et, fidèle à l’esprit séculaire des grandes traditions – en particulier la commedia dell’arte –, rappelle avec jubilation que l’art dramatique est fondamentalement une prise de parole civique portée par le corps et la voix d’un acteur. Dans ce coup de gueule majuscule, où l’indignation et le rire, Dante et Shakespeare, la polémique et la passion sont convoqués, la pensée se fait corps, se fait verbe, se fait théâtre.
Le comédien et dramaturge Tony Nardi est né en Calabre en 1958 ; lorsqu’il a six ans, sa famille immigre au Canada et s’installe à Saint-Léonard. Les deux temps forts de sa formation seront ses classes à l’antenne montréalaise de l’Actor’s Studio et un an de travail à Rome, suivi de plusieurs séjours avec l’un des grands maîtres de la commedia dell’arte, Alberto Fortuzzi. Il en résulte un mélange étonnant : un comédien d’une redoutable honnêteté émotive, doublé d’un acteur au corps expressif toujours à l’écoute du moment présent, non seulement celui de la fiction, mais surtout le moment de la représentation.
« … la performance oscille constamment entre la narration et le pamphlet. Et ça frappe fort. À toute allure, comme s'il était maître d'œuvre d'un véritable bombardement, Nardi attaque de toutes parts. »
Philippe Couture, Voir, septembre 2009
« Nardi, armé de ses outils de comédien que sont sa voix et son corps ainsi que d'un acerbe sens de l'humour, provoque la réflexion et l'envie de partager les fruits de cette dernière; n'est-ce pas ce qu'on est en droit d'espérer du meilleur théâtre? »
Alexandre Cadieux, Le Devoir, septembre 2009
Texte et interprétation : Tony Nardi
Rédaction : Paul Lefebvre