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Photo: Michael Cooper

THE MAN I LOVE

Tarragon Theatre
Texte et mise en scène: Manfred Karge
Traduction anglaise: Lore Brunner.

L'anecdote est réelle : une jeune française sans travail, dans les années sombres de l'avant-guerre, a décidé pour survivre d'endosser l'identité de son défunt mari. Collègues, soldats, épouses, tous se sont laissé duper par son manège pendant des années. Maintenir un tel artifice tout ce temps n'est pas sans conséquence... Supprimant son passé, niant son corps et sa voix, floue et divisée, Ella, devenue Allemande dans la pièce de Manfred Karge, pose de troublantes questions sur l'identité, sur l'aliénation. Contemporaine de la montée du nazisme et de la lente restauration d'une nation démolie, sa vie condense également l'atmosphère d'un pays qui fut au coeur du drame à un moment charnière de l'histoire. Habitée par la pure Blanche-Neige, pour l'innocence, et par l'amer Faust, pour la lucidité, cette existence plurielle oscille entre poésie, cabaret, chansons, monologues, tendresse et bouffonneries. Au milieu de ses accessoires, une actrice seule joue ce conte de fées moderne avec un rire inquiet, dans la lignée des clowns philosophes de Beckett.


Tarragon Theatre
Written and directed by Manfred Karge
English translation Lore Brunner.

The story is true: In the dark years of the depression before world war two, a young, jobless frenchwoman, in order to survive, decides to assume the identity of her late husband. Colleagues, soldiers, other women—all are taken in by her act for years and years. But keeping up such an artifice for such a long time takes its toll... suppressing her past, denying her body and her voice. Ill-defined and divided, ella—now german in Manfred Karge's play—raises troubling issues of identity and alienation. Her life parallels the rise of naziism and the slow reconstruction of a shattered nation, distilling the atmosphere of the country at the heart of the tragedy at a critical turning point in history. Inhabited by a pure snow white, for innocence, and a bitter Faust, for lucidity, her multiple existence hovers between poetry, cabaret, song, monologue, tenderness and buffoonery. An actress, alone amidst her accessories, plays out this modern fairy tale with anxious laughter, in the vein of Beckett's Philosopher's Clown.

 



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