De Heiner Müller Une oeuvre béton, écrite au jet de pierre, à l'encre rouge. Heiner Müller scrute à l'infra-rouge la mémoire de son siècle, le foie, les reins, le cerveau malade d'un Hamlet contemporain. Máquina Hamlet, c'est un état d'être dans l'Allemagne de l'Est, avant l'écroulement du mur, un état d'homme dans le monde après Staline, Lénine et Mao. El Periférico de Objetos, avec son théâtre d'acteurs et de manipulateurs d'objets, de poupées et mannequins trafiqués, invite au dérèglement des sens. On frôle l'opacité de la machine Hamlet et accède à la folie d'Ophélie. Une sorte de conspiration scénique, de messe basse, de danse de mort sur les aberrations de l'Histoire. Heiner Müller s'y reconnaîtrait dans ce théâtre de guerre, cette poétique du fragmentaire et de la collusion qui dilate les pores de la conscience. By Heiner Müller A raw and rock-solid work written in red ink. Heiner Müller casts an infrared gaze on the memory of his century, on the liver, kidneys and diseased brain of a contemporary Hamlet. Máquina Hamlet is a state of being in East Germany before the fall of the Wall, a state of man in the world after Stalin, Lenin and Mao. El Periférico de Objetos, with its troupe of actors and manipulators of objects, dolls and mannequins, disturbs the senses, slipping into Hamlet's dark genius and Ophelia's madness. It is a sort of theatrical conspiracy, a low Mass, a dance of death on the aberrations of history. Müller would feel right at home in this guerrilla theatre, this fragmented, collusive poetry that dilates the pores of consciousness. |